la mode sur abonnement et les stylistes personnelle

Quelles sont les nouveaux levier d’innovation dans le secteur de la mode et de l’habillement ?

La recherche du toujours moins cher, de l’hyper personnalisation, du sur mesure accessible…..

Les consommateurs désirent se retrouver en haut de l’échelle des considérations. Ils ne veulent plus qu’on leur impose un modèle de consommation de masse dicté par des bureaux de style au service d’une industrie de l’habillement de masse.

« la mode est au pantalon slim fluo…. ?! Ça ne te va pas… mais c’est la tendance donc achète, porte le et tais toi. La mode a décidé tu dois obéir ! il faut être à la mode…… »

Alors on achète ce pantalon slim, mais c’est déjà trop tard, la mode a changé alors on laisse le slim au fond du placard….. 

Vision un peu exagérée mais pourtant pas si loin de la réalité.

Le conseiller en image ou styliste en image personnel a pour but d’accompagner son client vers une démarche de recherche personnelle à la découverte de son propre style vestimentaire en fonction de ses valeurs, ses couleurs, sa morpho-silhouette, son style, son budget … 

La flexibilité que permet la location est immense, nos conseillers en image ou stylistes en image personnelle travaillent en collaboration étroite avec ces nouveaux acteurs qui participent au renouveau d’un secteur à bout de souffle.

Article du monde de Caroline Rousseau, zoom sur la marque PANOPLY :

Louer plutôt qu’acheter, la mode sur abonnement

La France, à la suite des Etats-Unis, voit éclore des jeunes pousses qui proposent de la location de vêtements, de luxe ou non. Les défenseurs de ce concept affirment s’opposer à la « fast fashion ».

 

« Le marché français est prêt »

Le site, qui a pu se lancer grâce au soutien à hauteur de 500 000 euros de business angels et à une petite opération de crowdfunding sur KissKissBankBank (10 000 euros), ne réalise pas encore de profit, mais il s’en approche « surtout depuis qu [’il est] passé en septembre dernier à une formule illimitée à 149 euros par mois qui permet d’avoir trois pièces de créateurs en permanence dans son dressing », précise Aurélie Nguyen.

L’offre a fait décoller la demande et le site affiche depuis une moyenne de 300 inscriptions mensuelles. « Le marché français est prêt pour la location de mode », poursuit la cofondatrice. « Des habitudes se sont prises surtout auprès des citadines de 25-35 ans qui passent leurs vacances en Airbnb, se font livrer leur déjeuner et cherchent des bons plans.

Avec nous, elles ont vite fait le calcul : pour le prix de deux robes d’une enseigne de fast fashion [comme Zara ou H&M], elles font tourner douze pièces griffées dans leur dressing chaque mois. La preuve que le marché est prêt : nous commençons à avoir des concurrents comme Le Closet ou Panoply. »

Panoplycity.com fait en effet office de challenger à surveiller de près. La jeune entreprise a testé son service au cours du premier semestre 2016, auprès d’une cinquantaine de clientes, et n’en finit pas d’enrichir depuis sa sélection très pointue (Kenzo, Etro, Cédric Charlier, Proenza Schouler, Wanda Nylon, Mugler…)

orchestrée par une ancienne acheteuse du Printemps. En juin dernier, elle a levé un million d’euros auprès d’investisseurs dont les succès passés semblent de bon augure : Elie Kouby et Frédéric Biousse (tous deux derrière la success story de Maje et Sandro) ont investi à titre privé dans Panoply, et le duo Michaël Benabou et Dominique Romano (cofondateurs de Vente-Privée) s’est aussi lancé dans l’aventure par l’intermédiaire de la Financière Saint James.

A ces parrains rassurants sont venus s’ajouter le fonds accélérateur de mode ICI dirigé par Olivier Rivard-Cohen, puis Laurent Dassault et Jean-Claude Marian.

« Netflix de la mode »

Certains parlent déjà de Panoply comme du « Netflix de la mode », taillé pour changer profondément le rapport des Françaises à une mode créative, haut de gamme et exigeante, et bouleverser leurs habitudes de consommation. Lancé officiellement en octobre, le site fondé par Ingrid Brochard et Emmanuelle Brizay (toujours détentrices de 70 % du capital), a enregistré à ce jour 380 locations et s’est fixé un objectif de 1 000 à 1 500 clientes d’ici à la fin 2017, ce qui représentera entre 60 000 et 80 000 locations. Sur le principe d’un abonnement sans engagement mensuel de 120, 200 ou 400 euros qui donnent respectivement accès à un dressing d’une valeur de 1 500, 3 250 ou 6 500 euros, les clientes de Panoply utilisent un système de crédits.

« Les femmes ont un périmètre de quatre ou cinq marques en moyenne qu’elles ne quittent pas », argumente Ingrid Brochard. « La location n’induit pas le même comportement vis-à-vis d’un vêtement. On va se risquer à prendre un manteau rose plutôt que noir, on essaie de nouvelles coupes, d’autres styles… Ce n’est que pour une semaine. Les marques sont encore prudentes quand on les sollicite [le site achète son stock] mais, face au ralentissement du commerce traditionnel, elles se posent elles aussi des questions… D’autant que la location n’a pas vocation à remplacer l’achat. Elle doit lui être complémentaire voire le déclencher en redonnant aux femmes le plaisir de la mode. »

Ce nouvel usage répond aussi à un besoin récent de responsabiliser sa consommation, de changer sans accumuler. « Cela remet en cause le paradigme de la consumation qui est propre à la fast fashion, analyse Benoît Heilbrunn, professeur de marketing à l’ESCP Europe.

C’est-à-dire ce cycle pernicieux et addictif de la dépense improductive qui pousse à acheter de plus en plus souvent des vêtements de qualité médiocre dont on se lasse vite et que l’on ne porte guère plus de trois fois. La plupart des femmes ne savent même plus ce qu’elles ont dans leur placard, tellement le vêtement est devenu pléthorique et s’est vidé de sens. »

« Modèle économique complexe »

L’idée de louer ses vêtements ne laisse donc personne indifférent : ni la grande diffusion, ni la province, ni les marques de luxe en quête de nouveaux clients, ni les enseignes qui cherchent à attirer les consommateurs dans leurs magasins (physiques), ni les marques ou distributeurs qui veulent transformer le shopping en « expérience ».

Le groupe Galeries Lafayette a testé ce type de service dans ses magasins en accueillant cette année sous forme de magasin éphémère L’Habibliothèque à Paris Haussmann, mais aussi à StrasbourgToulouse ou encore jusqu’au 31 mars prochain au BHV Marais.

« L’expérience est extrêmement intéressante, partout en France, rapporte Elisabeth Cazorla, directrice du prêt-à-porter du groupe Galeries Lafayette. C’est une chance pour notre commerce car le marché de l’habillement, très mature et concurrentiel, est à la peine… Il manque de dynamisme et de surprise. Or, la location peut redonner aux femmes de l’appétit pour la mode. En tant que grand magasin, ces nouveaux comportements et usages nous font réfléchir, nous ne pouvons pas les ignorer, mais le modèle économique est complexe et encore en expérimentation. »

Pas question de voir dans la location de mode une solution miracle aux maux et crises que traverse le secteur. D’autant que si l’on regarde de près les frais de port, de pressing, d’assurance, la gestion des tailles, etc., le tableau peut vite s’assombrir.

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Pour les pure players, la logistique s’avère coûteuse et aussi stratégique que le choix des marques proposées. Mais, pour le commerce traditionnel, les contraintes de la location s’effacent parfois devant l’urgence d’animer les espaces de vente et d’assurer une certaine rotation du stock. Ainsi la chaîne Gémo a-t-elle mis en place du 12 décembre au 7 janvier un système de location de vêtements et chaussures pour homme et femme en vue des fêtes. Un produit de moins de 14,99 euros est loué 5 euros, un autre, entre 15 euros et 29,99 euros, revient à 10 euros en location, etc. Ces vêtements seront disponibles à – 50 % au moment des soldes. Louer, reprendre et solder, c’est toujours travailler…

A l’autre bout du spectre, le malletier de luxe Pinel & Pinel a lui aussi réfléchi à la meilleure façon de séduire une nouvelle clientèle. Il propose aux entreprises depuis juin dernier la location longue durée (avec ou sans option d’achat) de ses malles fabriquées à la main à Paris et réfléchit à l’étendre bientôt aux particuliers. « Il y a aujourd’hui un désir de luxe pour tous de la même façon que le design s’est largement développé au XXe siècle du fait de mouvements favorisant le beau pour tous, rebondit Benoît Heilbrunn.

C’est pourquoi, paradoxalement, ces pratiques locatives redonnent à la consommation tout son sens. Il ne s’agit plus simplement de consumer des produits jetables (en les achetant et en les détruisant ou les stockant au fond d’un placard) mais de consommer en leur donnant une signification sociale, événementielle, culturelle et évidemment personnelle. »

De façon plus cynique, ces locations permettent aussi aux marques et distributeurs de reprendre le contrôle. Comme l’avait dit Jim Gold, alors directeur du grand magasin de luxe new-yorkais Bergdorf Goodman, à la jeune Jennifer Hyman, venue lui parler en 2009 de son projet de location de mode Rent the Runway : « Oh, mais cela existe déjà dans mon grand magasin tous les jours ! Les clientes achètent des robes, les portent une fois en gardant les étiquettes et nous les rendent !

Si vous réussissez à légaliser cette pratique, cela aidera certainement notre industrie. »

Source : LE MONDE ECONOMIE | Par Caroline Rousseau