Formation styliste d’intérieur – Styliste de lieux

Profession : stylistes de lieux

Directeurs artistiques, consultants ou narrateurs, ces personnalités créatives ont inventé un nouveau métier: distiller leur bon goût et exprimer leur talent d’ensemblier pour peaufiner l’identité d’un lieu. Un métier en passe de devenir incontournable ?

Hôtel ACE (Nouvelle-Orléans, USA)

Ces nouveaux personal shopper de la décoration sont missionnés, le plus souvent par les architectes, pour affiner des lieux inspirants ou créer l’ambiance du moment. Ils interviennent quand les chantiers sont quasiment terminés, sollicités pour leur don de composer des univers contemporains et stylisés, qu’il s’agisse d’accessoiriser un lobby d’hôtel ou d’humaniser une résidence privée, allant jusqu’à sélectionner les livres de la bibliothèque. Experts du marché de l’art, scénographes ou stylistes pour les magazines, leurs parcours sont multiples et leur vision transversale.

Emergence d’un nouveau métier 

Joséphine Fossey et Florence Lipszyc ont fondé Atelier 27 il y a cinq ans. Elles sélectionnent des œuvres et des objets décoratifs pour des groupes hôteliers, des maisons de luxe et des clients privés. Leur mission consiste à finaliser des atmosphères avec justesse. Les deux jeunes femmes, âgées de 30 et 36 ans, se rencontrent chez Christie’s au département Impressionniste et Moderne. Elles se demandent alors quelle est la place de l’art et des objets décoratifs dans les projets d’architecture d’intérieur. « Le choix des œuvres et des objets arrive souvent à la fin d’un projet, c’est une étape parfois oubliée alors qu’ils viennent donner une âme aux lieux » expliquent-elles. Comment définissent-elles leur activité ? « Nous exerçons un métier de niche. Quand nous avons monté notre structure, les gens avaient du mal à comprendre ce que nous proposions. Atelier 27 est un laboratoire créatif, nous avons créé le métier de nos rêves ! » s’enthousiasment-elles.

Atelier 27, Hôtel Lutétia (Paris)

La première personne à croire en leur bon goût est l’architecte d’intérieur Sybille de Margerie ; pour l’hôtel Atlantis de Dubaï, Atelier 27 cherche des talents locaux, artistes, artisans et designers, et leur commande des œuvres in situ. Les deux jeunes femmes expliquent travailler main dans la main avec les architectes, sans concurrence, comme avec l’agence Wilmotte qui les consulte pour la rénovation du Lutétia. Pour le bar Joséphine, le salon Saint-Germain ou la bibliothèque, elles commandent des pièces à l’artiste Nicolas Lefebvre, au designer Dan Yeffet ou à la sculptrice Sophie Bocher. Si aujourd’hui leur clientèle est constituée à 70 % par de grands groupes hôteliers comme The Luxury Collectionelles commencent à être approchées par les maisons de luxe et les joailliers : « Les marques ont besoin de communiquer autrement, de donner du fond à leur message, elles ont envie d’un certain retour à l’authenticité notamment grâce à l’artisanat », analysent-elles. Noémi Langlois-Meurinne, fondatrice de Maison Trévise, se définit elle comme consultante artistique, spécialisée dans les projets d’intérieurs.

 

Son rôle pluriel auprès d’architectes, de marques ou de clients privés va de la direction artistique au sourcing en passant par le développement de matières ou de mobilier, des finitions sur-mesure adaptées à chaque chantier. Elle a entre autres travaillé pour l’Hôtel Crillon, Louis Vuitton ou l’architecte d’intérieur Tristan Auer.

Si ce rôle de chercheurs de beaux objets peut faire rêver, cela n’est en réalité pas si facile. Il ne s’agit pas seulement d’avoir du goût, il faut avant tout savoir s’adapter aux lieux et au style des architectes qui les ont pensés, sans les trahir : « Je m’inspire du mood du lieu dans lequel j’interviens, j’identifie ce qu’il peut manquer dans un appartement : un miroir, des tables de chevet, des œuvres d’art… J’apporte mon œil de styliste et il doit être cohérent avec celui des architectes »,explique Sarah de Beaumont, styliste indépendante. Il s’agit aussi d’avoir un bon carnet d’adresses pour trouver les pièces les plus pointues du moment. « Je fais de la veille en continu depuis dix ans, j’ai donc une importante base de données personnelle nourrie avec inclination : sourcing mobilier, matières, pièces d’exception explique pour sa part Noémi Langlois-Meurinne.

Puis avoir le don de mettre en harmonie les pièces sélectionnées. « C’est un vrai exercice stylistique », poursuit Sarah de Beaumont. Enfin, il faut mettre son ego de côté, accepter de faire un job de l’ombre car ces personnalités apparaissent rarement officiellement. « Je suis tenue à la confidentialité pour la plupart de mes clients », confirme Noémi Langlois-Meurinne. La frontière est d’ailleurs difficile à cerner avec les architectes d’intérieur et les décorateurs le plus souvent de renommée ; ce travail de finalisation et de personnalisation étant censé entrer dans leurs compétences, peu assument officiellement de déléguer cette « touche finale ».

Studio be-poles, hôtel Nomad (NYC)

Raconter une histoire

Le studio be-poles insuffle cette tendance de stylisation de la décoration dès 2012 en inventant un nouveau métier nommé « narrative designer »,ou comment révéler l’âme d’un projet à travers une démarche plus holistique. « De nos jours, le public vient chercher un art de vivre, une énergie, une prise de parole. Il vient adhérer à une philosophie », affirme le studio de création dans son manifeste. Au-delà de l’identité visuelle d’un lieu, cela peut englober le choix des œuvres, l’éclairage, la vaisselle ou la bande son. Le studio veille à « réveiller l’âme d’un lieu », à créer de l’expérience, de la cohérence avec pour objectif d’établir du lien avec le public. Leur premier défi du genre est l’hôtel NoMad de New York réalisé avec le décorateur Jacques Garcia, suivent l’hôtel Le Pigalle à Paris, Les Roches Rouges dans le sud de la France avec le duo d’architectes Festen. be-poles met en œuvre une narration et une esthétique définie au préalable avec eux. « Aux Roches Rouges, tout a été pensé. Le bâton de randonnée devient un élément de décoration, le cintre participe à la géométrie, vous pouvez mettre toute l’énergie que vous voulez sur le dessin de l’étagère, si les livres posés dessus sont bidon, le résultat sera dramatique… C’est un peu ça les Roches Rouges, un équilibre permanent dans tous les détails », explique le jusqu’au-boutiste Antoine Ricardou, fondateur du studio be-poles. Pour le Barn, leur dernier projet hôtelier proche de Paris, leur implication va encore plus loin ; le studio a tout imaginé,de l’architecture au mobilier, des tissus à la vaisselle en passant par la sélection artistique.

Hôtel ACE (Chicago)

Un parti pris global que la chaîne américaine ACE hôtel a adopté depuis longtemps. Elle a été l’une des premières à miser sur l’art de vivre et de recevoir en conjuguant arts, musique et décoration en ayant notamment un studio interne de création, Atelier Ace, qui supervise l’architecture et le design.« Il est important pour nous de créer un espace authentique et nuancé, c’est notre façon de traiter nos clients comme des amis, un peu comme si on les invitait dans nos propres salons », explique Kelly Sawdon, associée du Ace Hotel Group. Leur hôtel de Shoreditch,à Londres, participe depuis quatre ans à la London Design Week, cet événement à l’origine dédié aux professionnels qui fédère aujourd’hui le grand public. Ils organisent avec Laura Houseley, rédactrice en chef de Modern Design Review, une exposition où ils mettent en scène les objets dessinés spécialement pour l’hôtel par la jeune garde du design londonien, une manière d’ancrer leur image dans une dynamique ultracréative :« Nous voulons ménager au sein de nos hôtels des occasions de découverte, de curiosité et de plaisir », assure Kelly Sawdon.

L’expérience, l’art de vivre et la temporalité liés au monde du design et de la décoration ouvrent de nouvelles perspectives professionnelles et donnent aux groupes hôteliers comme aux marques l’envie « d’en être », de ne pas louper le coche de la tendance. Devenir un ambassadeur de cette quête prospective est sans doute un métier d’avenir…

SOURCES STUDIO:

atelier27paris.com

atelierace.com

be-poles.com

maisontrevise.com

sarahdebeaumont.com

Source: Marie Farman pour AD

PROCHAINES DATES POUR LA FORMATION DE STYLISTE D’INTÉRIEUR SUR PARIS ET AIX EN PROVENCE:

Paris :

Du 17 septembre 2018 au 15 juillet 2019

Du 23 septembre 2019 au 07 juillet 2020

Aix-en-Provence:

Du 23 septembre 2019 au 07 juillet 2020